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Retour sur la carte blanche à Carmen Maria Vega pour le festival du film court de Villeurbanne

Chaque année, le festival du film court offre la possibilité à une personnalité de proposer la programmation de films courts de son choix pour une soirée. L’occasion de découvrir un artiste tout en se plongeant dans les univers qui l’inspirent…

Carmen Maria Vega

Ce soir, la dynamique chanteuse lyonnaise Carmen Maria Vega (www.carmenmariavega.com) nous présente sa sélection : 10 œuvres audiovisuelles courtes mais fortes qu’elle aime à faire partager. Au début, au milieu et à la fin de la séance elle prend la parole, explique ses choix et interviewe des metteurs en scène présents, le tout avec beaucoup d’humour et de fraîcheur.

Carmen Maria Vega

Comme elle le dit elle-même, la sélection est certes éclectique mais on retrouve tout de même certaines tendances. Le film d’amour en est un. L’attrait pour le film d’animation 2D qui, je cite, « fait passer beaucoup de sentiments, peut-être plus que la 3D, même si il est moins encouragé aujourd’hui », en est un autre. Et puis il y a les films sur un « dysfonctionnement », un problème de société qui éclate, et dans lequel on peut retrouver l’esprit rock’n roll de la chanteuse.

Le Coeur est un métronome

Le Coeur est un métronome (2007) de Jean-Charles Mbotti Matolo , ouvre le bal.
En animation et sans paroles, le film nous montre une relation conflictuelle père/fils qui manque de communication… vocale, en tous cas, tout le dialogue entre les personnages passant par la danse, la relation des corps aux autres, à leur univers, aux sons qu’ils produisent, aux sentiments qu’il font naître. Le réalisateur est là ce soir et parle de sa relation à la danse et au cinéma, qu’il pratique tous deux et qu’il ne saurait séparer.

 A galinha que burlou o sistemaA galinha que burlou o sistema

S’en suit l’A galinha que burlou o sistema (2012) de Quico Meirelles dans lequel une poule d’élevage intensif, narratrice de l’histoire, prend conscience de l’état de servitude de son peuple et tente de s’échapper. Dans la lignée idéologique du Le Sang des Bêtes (1949) de Georges Franju, ce film nous parle de la condition des animaux et de la liberté qu’on leur vole au sein d’un système productif décadent et déshumanisé. Œuvre certes pleine d’humour, mais de force terrible également, une vraie douche écossaise.

La Plaie (2012) de Robin VergneSur le tournage de La Plaie.

La Plaie (2012) de Robin Vergne, qui présentera son film auprès de Carmen Maria Vage est un film lyonnais entre portrait social et film noir. On suit la vie d’un SDF pris dans une histoire de bandits et de vengeance, une association qui aurait pu marché, mais l’image est un peu trop désaturée, le montage parfois moyen et les dialogues pas toujours convainquant. Le réalisateur le dit lui même : il pense que ces prochains courts s’amélioreront.

A quoi ça sert l'amour (2003) de Louis Clichy
A quoi ça sert l’amour ?

A quoi ça sert l’amour (2003) est un film d’animation de Louis Clichy qui met en image la chanson de éponyme de Piaf. Mignon, rafraichissant et lyrique, une oeuvre qui détend l’atmosphère avant d’enchaîner avec le Qual queijo você quer ? (Quel fromage tu veux?) (2012) de Cintia Domit Bittar. Le film reprend un thème assez commun : un couple de personnes âgées craque tout en coup en réalisant qu’ils n’ont pas réalisés les projets et rêves de leur vie. Seulement voilà, le film est très bien fait, très drôle, et finalement très profond, surtout en voyant que l’élément déclencheur de la conversation est le fait que le mari demande à sa femme, encore une fois, de lui acheter du fromage en allant aux courses, ce qui, elle, ne l’enchante, ni ne la fait rêver.

 Qual queijo você quer
Qual queijo você quer ?

minotauromaquiaAprès une pause, le programme revient en force avec l’impressionnant Minotauromaquia (2004), film d’animation de Juan Pablo Etcheverry. Ici, Picasso se retrouve dans un labyrinthe onirique, au milieu d’étranges créatures ayant adopté les visages des figures qu’il dessine. On retrouve une femme au visage, un silhouettes étranges et… un terrible Minotaure bien sûr !

Film d’animation aussi, La Révolution des Crabes (2004) de Arthur Pins, devenu un classique nous parle de la vie des crabes avec beaucoup d’humour.

La Révolution des CrabesLa Révolution des Crabes

Dos de Tres (2012) semble important aux yeux de Carmen Maria Vega. On y dénonce le trafic d’enfants au Mexique  Avec beaucoup de talents, Alexandra Marquez, la scénariste, et Paulina Rosas, la réalisatrice nous présente une histoire touchante, profonde, sans pour autant apporter plus d’explication. L’enlèvement d’enfants semble aussi courante qu’inexpliquée…

Paulina RosasDos de Tres

Enfin, La Queue en l’Air (2011), produit par AIDES, est un film d’animation drôle et au-delà du grivois, nous présente Smutley, un petit chat qui saute tout ce qui bouge. Mais c’est une campagne contre le Sida ; rire pour une bonne cause n’a jamais fait de mal.

La Queue en l'Air (2011), produit par AIDESLa Queue en l’Air

Baptiste Decourty

Ancien pigiste pour Le Journal de la Côtière durant 6 ans, il a également été reporter pour le site du festival Lumière 2012. Réalisateur amateur, il a fait des études de cinéma et d'anglais à l'université, est passionné par les études de genres et les films à la narration complexe, et pratique et crée aussi dans les univers de la photographie, de la danse moderne-jazz et de la musique. Ancien président de La Guilde des Cherche-Rêves, association de jeux de rôles de Miribel, il s'implique aussi dans l'univers associatif, du jeu, de la culture et est nouveau bénévole au sein d'AOA Production.

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1 thought on “Retour sur la carte blanche à Carmen Maria Vega pour le festival du film court de Villeurbanne”

  1. et l’ultime clip, sorte de Matrix avce du son électro qui pousse?
    j’attends tjrs une réponse du festival pour connaitre à minima la musique…
    merci pour le compte rendu

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