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Festival du Film court de Villeurbanne : interview d’Alain Liatard, bénévole et ancien directeur du cinéma le Zola

La Lettre à Jal suit toujours de prêt la 33ème édition du festival du film court de Villeurbanne qui se déroule jusqu’à lundi prochain au cinéma le Zola.

Site web du festival : www.festcourt-villeurbanne.com

Alain LiatardAlain Liatard, bénévole de l’Association pour le Cinéma

« Je suis bénévole depuis 5 ans mais j’ai été directeur du cinéma de 1982 à 1997. Je n’ai pas été au comité de sélection cette année, je ne connais donc pas tous les films, mais l’ai été beaucoup avant.

Il y a eu beaucoup d’évolution au sein du festival et au niveau des films depuis trente ans. Au début, les films indépendants étaient très amateurs ; c’était par exemple un photographe de campagne qui achetait un caméra 16 mm pour filmer le temps d’un été.

Aujourd’hui, avec les mêmes moyens financiers, pas grand chose, on peut arriver à des qualités bien plus intéressantes. Mais ce n’est pas évident qu’on ait des choses plus intéressantes à dire…

On se rend compte du fait que beaucoup d’auteur et de films n’ont presque aucune culture. Si l’on prend le film Jeanne [Dania Reymond, 2012, en compétition], exemple parmi d’autres bien sûr, on a une idée intéressante, une actrice très bonne, mais ce n’est pas abouti.

Pourquoi ? Par exemple, on nous la montre, puis on nous montre le contre champ de son psy, interprété par un acteur moins bon, et qui nous révèle tout de suite le cadre dans lequel elle se trouve au lieu de le suggérer.

On insiste sur Jeanne d’Arc mais ceux qui connaissent la référence, la voient tout de suite de toutes façons, les autres la saisissent vite, et pour moi la réalisatrice n’a pas compris comment montre Jeanne d’Arc.

Mais il y a de bonnes surprises. Alors bien sûr ceux sont des lyonnais et on sait qu’ils ont une culture éclectique et privilégiée, mais les créateurs des Chiens Verts [Mathias et Colas Rifkiss, 2012, en compétition] nous livrent une comédie française qui fonctionne.

Concernant les films étrangers, on en a déjà vu certains en festival mais en général leur cinéma est plus simple que le notre, ils ne s’embarrassent pas avec des choses inutiles. On sait que le cinéma français est narcissique…

Durant le festival, ceux comme moi qui ne sont pas du comité de sélection ont tout de même un mot à dire, mais à la fin. Et puis on est très présent pendant les séances, pour accueillir, participer de l’ambiance et puis voir les films, tout simplement, pour pouvoir en parler et accueillir les auteurs.

Parfois, on voit des festivals dans lesquels l’équipe n’a pas vu les films, les jeunes réalisateurs arrivent, dès fois un peu timides, et puis on a rien à leur dire, c’est triste pour eux. On est quand même là pour les encourager. Le milieu du court n’est pas évident. »

Propos recueillis par Baptiste Decourty, le lundi 19 novembre 2012.

Baptiste Decourty

Ancien pigiste pour Le Journal de la Côtière durant 6 ans, il a également été reporter pour le site du festival Lumière 2012. Réalisateur amateur, il a fait des études de cinéma et d'anglais à l'université, est passionné par les études de genres et les films à la narration complexe, et pratique et crée aussi dans les univers de la photographie, de la danse moderne-jazz et de la musique. Ancien président de La Guilde des Cherche-Rêves, association de jeux de rôles de Miribel, il s'implique aussi dans l'univers associatif, du jeu, de la culture et est nouveau bénévole au sein d'AOA Production.

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