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Edito #6 – L’an 2000 c’est pour juin

Marquant la fin du second millénaire, l’an 2000 a aussi marqué la fin d’une époque qui n’était certes pas meilleur, mais dont l’air du temps
semblait un peu moins vicié qu’aujourd’hui. Si je pensais alors que ce constat n’appartenait qu’à mon simple point de vue, cette nouvelle décennie représentant mon départ du domicile familiale,
le nombre de remarques allant dans ce sens me donne l’envie d’en faire une généralité.

Finalement, l’an 2000, et ce qui suivit, semble avoir été présent que pour répondre à la question que lançait Pierre Bachelet en 1985 :
Qu’est-ce qu’on fera quand on aura vingt ans en l’an 2001 ?

Trivialement, pour la blondinette qui m’accompagne en ce moment, le jour de ses vingt ans elle a vu deux célèbres tours s’effondrer.

Ce troisième millénaire s’avérait d’ors et déjà moisi.

L’an 2000 a excité pas mal de monde dans chacun des secteurs concernés : arts (cf. l’article en bas de page), religions (Paco Rabanne), informatique (le bogue), commerce (Optic 2000, le bogue), etc… En s’éloignant dans le passé, les fantasmes sur cette date deviennent de plus en plus délirant. N’importe qui se
souvient encore qu’on nous promettait notre propre navette spatiale et que l’on mangerait des pilules. Après coup, si on trouve une véritable révolution technologique dans nos vie c’est bien
celle d’Internet, ce qui par exemple m’évite actuellement de faire une publication papier au lieu de taper sur mon ordinateur. Bon, on a pas eu la classe d’appeler cette technologie comme prévu :
le mot cyberspace est bien passé par là mais est devenu un peu désuet et on fait en sorte de passer à côté sans trop le regarder ; le mot infosphère à ce côté explicatif qui a aussi
vite vieilli ; quand à la matrice, nous nous sommes trouvés dans le désarroi de ne trouver aucun Keanu Reeves à l’intérieur, il a été remplacé par une horde de Kevin*.

Bref, pas de fusées dans les jardins et les pilules que l’on nous propose ne sont pas encore assez nutritives. Reste quelques malins qui ont plus ou moins
correctement prévu certains travers de notre société comme John Carpenter et son Invasion Los Angeles ou l’icône du genre : Soleil Vert.

L’an 2000 mérite qu’on s’y attarde. On en a causé à l’humanité pendant cent ans, et ensuite plus rien.

Et c’est pour cette bonne raison qu’un festival mérite de lui être consacré.

La semaine prochaine j’oublierai surement encore de vous parler de l’intérêt de produire des courts métrages mais pas de maniaco-depressivité.


Annexe :

1998, Goudreau-Cooke a 16 ans. Sentant l’an 2000 approché, se pose des questions sur l’art, le progrès et plus particulièrement la
musique.

Le temps passe et les choses changent, le tout à une vitesse effarante. À l’aube de l’an deux mille, tout semble s’informatiser et on prône tout haut le
progrès chaque fois que l’on peut remplacer quelqu’un par une machine. Malheureusement le monde de la musique ne semble pas y échapper. Cette constatation me vient lorsque je regarde le succès
grandissant du rap, techno, hip-hop, toute ces musiques aux mélodies faciles et simples orchestrées par un synthétiseur où il ne reste plus qu’à chanter, avoir un beau corps et un marketing
efficace. Je suis révolté de voir le succès éclatant des Backstreet Boys et des Spices Girls qui ne font que chanter sans même composer leurs propres paroles.

D’après moi beaucoup de gens ont oublié que le mot musique impliquait des musiciens avec du talent et non des techniciens avec des compétences. Je m’ennuie
des artistes comme Jethro, Lake & Palmer, Jimmy Page et tout les autres que l’on appréciait pour leur prouesses instrumentales, la complexité et la densité de leur compositions. Ce temps
n’est pas tout à fait révolu, mais semble sur le déclin lorsqu’on regarde les meilleurs vendeurs. Mais peut-être bien sur que la musique perdra son statut d’art pour se nommer technologie, après
tout. L’homme semble éprouver un plaisir intense à s’informatiser et se rendre inutile. Est-ce là le progrès?

Source : http://www.cyberpresse.cndp.fr/num8/ar12.htm

 


* ce prénom détient le double record de rapidité en démodage et en transformation en insulte.

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