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Confinement, un Journal | Jour 52 : Le Dernier Combat

A l’aube du déconfinement se tient le procès de Tofu ManulSohn, accusé d’un nombre de charges impressionnantes pour un seul animal*. 

Le verdict étant prévu pour la date fort pratique du lundi 11 mai, l’impartial Juge-Jal fait donc témoigner les différents protagonistes de cette grande aventure qu’est le journal du confinement de l’Amazing Bicoque. 

Malheureusement, l’affaire se déroule fort mal, Henriette, l’avocat de Tofu est destituée pour délit d’initiés ; c’est le méconnu Benvenuto qui se présente alors pour assurer la défense. Mais tout part en cacahuètes quand Lemmy le procureur apprend que ce dernier est son demi-frère.

D’un coup de patte rageur, Lemmy renverse son écuelle, éparpillant ses graines sur tout le sol de son enclos. Jamais lapin nain n’avait connu un tel outrage. Lui, à moitié Normand ? Il devait être en plein cauchemar.

Il se souvenait le nombre de fois où, posé au coin d’un bar, il levait quelques jeunes ingénues en leur contant les exploits de ses héros bretons : Oreille Bleue le corsaire, Porcon de Lapinais, Patte de Bretagne, Jacques Carotier…

Mais que s’était-il donc passé dans cette baraque depuis deux mois ? Autrefois, les journées étaient simples : faire le beau pour que son ahuri de “maître” daigne lui jeter une carotte, ronger discrétement quelques câbles onéreux, s’enfuir dans dans l’impasse à l’occasion d’une porte laissée négligemment ouverte, s’amuser à pourchasser Tofu… Bref, une vie normale.

Il sort d’où ce demi-frère bordel ? D’ailleurs, le voilà qui passe dans l’allée, avançant félinement, l’air de rien. Lemmy décide de démontrer qui domine en faisant des petits bonds furieux à travers son enclos. 

Voilà qui devrait l’impressionner, qu’il se dit. Mais non, celui que certains surnomment affectueusement – mais qui sont ces gens, Bénou, ne prête aucune attention à son fraternel lapin nain.

***

Pendant ce temps, l’inestimable Juge-Jal se tient au téléphone avec la gardienne de Bénou. Cette dernière n’a pas trop appréciée que son chat sorte de chez elle sans prévenir, qu’il pourrait lui arriver quelques malheurs, ou bien attraper une vilaine maladie. 

Le calme Juge-Jal prouve l’adjectif, qui lui est présentement attribué, en expliquant que Benvenuto n’a pas grand chose à craindre, qu’il est venu de son plein gré et qu’il n’a aucun prédateur connu. 

Tout à son appel, le maître de la maisonnée ne se rend pas compte que, d’un bond impressionnant, Lemmy a réussi à s’échapper de son enclos pour se ruer sur le chat fugueur en question.

Le dos tourné à l’action, expliquant que l’Amazing Bicoque a passé ses visites de sécurité haut la main, les deux frères commencent à se foutre copieusement sur la gueule.

Praline, qui surveillait attentivement la situation depuis la fin de la séance, est aux anges. Elle propose à Freya de parier quelques malhonnêtes croquettes sur le vainqueur. La proposition ne semble pas du tout intéressée notre ingénue qui s’évertue à miauler qu’il doivent s’arrêter, que la violence ne résout jamais rien, jusqu’où ira la folie des vivants ? En tant que narrateur impartial, je rappelle qu’elle a beau jeu de nous sortir ses grandes phrases, alors qu’elle faisait quotidiennement la mauvaise vie à Tofu lors de son séjour en ces lieux. 

Déjà traumatisée par son voyage dans le futur où seuls les survivalistes amateurs de chicken wings avaient survécus, Henriette le coq est partie se cacher dans les bras de son amant, Coco, qui se demande si ce qu’il se passe est réel, ou si c’est le taz qu’il s’est enfilé il y a vingt minutes. Et sur la thématique des drogués : de l’ami Mullervater, on aperçoit que les pieds dépassant des fougères, profitant de la douceur du soleil de cette fin de journée de printemps et d’une bonne grosse montée t’as vu.

Toujours est-il que Lemmy et Benvenuto se donnent de toutes leurs forces dans le combat fratricide : si la technique du lapin nain s’apparente à celle du bélier qui cogne de front son adversaire pour provoquer sa chute, le laissant ainsi à la merci de ses petites griffounes. Benvenuto, lui, oeuvre dans un style plus aérien, évitant d’un saut son frère pour mieux tenter de le harponner une fois le dos de l’assaillant à sa merci.

Cela ne fait que quelques minutes que ce combat homérique a commencé, le jardin ressemble déjà à une reconstitution miniature de Verdun, la veille de l’armistice. Enclos, tables, chaises, corde à linge, pots de fleurs, fougères… tout est dévasté par la furie des belligérants.

Et, en toute logique, le louable Juge-Jal qui a enfin constaté la situation, sort en trombe dans le jardin pour arrêter l’échauffourée. Si d’habitude, sa seule présence calme les résidents de l’Amazing Bicoque – qui ne se risquent pas à tenter une éventuelle diminution de ration alimentaire journalière – Lemmy et Benvenuto n’en n’ont que faire. Si bien que, lorsque le doux Juge-Jal entre dans le cercle de combat, les deux font front commun pour pouvoir reprendre ensuite leur querelle tranquillement.

Lemmy, tel le monstre de Caerbannog, se jette au cou de son maître pendant que Benvenuto décide de s’en prendre consciencieusement à ses mollets. L’innocent Juge-Jal n’a aucune chance contre les fils de Canocità, son sort pourrait bien être réglé définitivement dans la minute qui vient.

Le salut de notre héros n’est dû qu’à une voix – ressemblant à celle de Gandalf contre le Balrog dans les mines de la Moria – qui s’élève soudainement du premier étage de l’Amazing Bicoque. Les seuls trois mots prononcés suffisent à stopper toute activité dans le jardin, ceux-ci sont : “Il suffit, Fous !”

Et c’est Tofu Manulsohn qui vient de les prononcer.

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A suivre !
Jour 53 : Bye Bye Macadam

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