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Confinement, un Journal | Jour 48 : Le témoignage de Freya

A l’aube du déconfinement se tient le procès de Tofu Manulsohn, accusé d’un nombre de charges impressionnant pour un seul animal*. 

Le verdict étant prévu pour la date fort pratique du lundi 11 mai, l’impartial Juge-Jal fait donc témoigner les différents protagonistes de cette grande aventure qu’est le journal du confinement de l’Amazing Bicoque. 

Nous commençons par Freya.

Freya, habillée avec un impeccable col claudine, se tient droite sur sa chaise, attendant poliment les questions. Lemmy, procureur de ce procès, tourne autour du témoin dans une réelle volonté de l’agacer.

“Pouvez-vous décliner votre identité ? commence t-il enfin.
– Je suis Freya Bernadette MullerSohn, fille de Mullervater et filleule de Jal”, ose t-elle en jetant un rapide coup d’oeil vers son parrain de nature juste et intraitable.

“Je remarque que vous vous tenez ici bien sage, mademoiselle. Pourtant la Freya que j’ai connue ne s’embarrassait pas de telles hypocrisies quand elle malfaisait dans le jardin.”

Le visage de Freya s’empourpre – enfin autant que puisse s’empourprer le visage d’un chat : “Monsieur Canoville, ne me jugez pas sur mes quelques erreurs de jeunesse. Je me suis bien repentie de ce passé, j’étudie tous les jours à la maison, faisant la fierté de mon père”.

Lemmy semble ravi de cette réponse, trahi par ses deux oreilles se dressant fièrement.

“Votre père, parlons-en justement ! Mullervater, le seul et l’unique ! Un père certes, mais surtout un alcoolique, un drogué, un improductif, dont l’hygiène laisse à désirer. Vos soi-disant projets professionnels doivent plus perturber sa philosophie de vie qu’autre chose !
– Il suffit ! l’arrête le juste Juge-Jal. Nous connaissons tous les nombreux défauts de Mullervater, notamment pour ce qui est du manque de reconnaissance en ce qui me concerne, mais quoi qu’il en soit, il reste un fier ami à certains moments”.

Feya en profite pour jeter un coup d’oeil vers son avocat, Henriette le coq, qui ne s’est fendu étonnamment d’aucune objection – avant de répondre : “Oh, vous savez, malgré sa mauvaise vie et ses mauvaises manières, il a toujours été un père doux et protecteur, je m’en rends bien compte maintenant. Il est surtout sous la mauvaise influence de son colocataire, Coco l’ébouriffé, qui lui prodigue drogues et mauvais conseils de vie.”

Silence dans la salle sous ces révélations : tout le monde pensait que Mullervater était à la tête de ses mauvais choix de vie. 

Toutefois, le bon Juge-Jal s’impatiente : “M. Lemmy, nous ne sommes pas ici pour faire le procès de la tendre Freya, mais bien de Tofu Manulsohn. Venez-en maintenant au fait, s’il vous plaît.
– J’appelle à la barre Praline la voisine !” 

Praline, la jeune voisine chat de l’Amazing Bicoque, apparaît au fond de la salle, fière comme un paon, mais en version chat. Que va donc dévoiler celle qui fut la receleuse des croquettes dans tout le quartier ? Il se murmure derrières les portes closes – celles allant de la salle de bain à la cuisine pour être précis – qu’elle aurait bénéficié d’une grâce contre des informations. 

Praline s’installe à côté de Freya. Le contraste de style entre cette dernière et la jeune punkette est saisissant. Lemmy repart à l’attaque :

“Mesdemoiselles, l’heure est à la vérité. A quel niveau d’implication se trouvait l’accusé dans le trafic de croquettes qui a bouleversé le jardin durant de nombreuses semaines ?”

Ne laissant pas le temps à Freya de répondre, Praline, mâchant bruyamment un chewing-gum, elle répond : 

“Au plus haut point, croyez-moi. Tofu dirigeait toute l’opération en sous-marin, se faisant passer pour un client, mais nous obligeant à travailler nuit et jour. Il nous appelait ses petites chattes, et ne se privait pas des gestes les plus patriarcaux”

En entendant cela, Tofu, assis sur son banc, se met alors à miauler de mécontement de toutes ses forces. 

“Silence, silence !” hurle l’impeccable Juge-Jal en tapant avec un marteau gonflable sur son bureau. 

Henriette tente de calmer son client, mais Tofu est parti dans une de ses crises que rien ne peut arrêter. Freya se met à pleurer entre ses pattes, pendant que Praline et Lemmy jubilent. 

Devant ce clair manque à toutes convenances, la séance est arrêtée.

Pendant que Tofu est ramené vers ses quartiers en compagnie d’Henriette, la douce Freya s’approche du magnanime Juge-Jal et lui glisse avant de s’éclipser : “Je crains que la défense de ce procès soit compromise, votre Honneur. Je le sais car malheureusement je vois l’avocat Henriette bien trop souvent à la colocation de mon père.
– Comment cela ?
– Je le sais car je l’ai vu, Henriette et Coco ont une relation.”

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A suivre !
Jour 49 : Coco + Henriette

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*Rappel : trafic de croquettes, trouble au voisinage pour miaulements à toute heure du jour et de la nuit, provocation aux bonnes moeurs avec l’exhibition des parties lors de ses toilettes privatives, destruction du bien commun la table de jardin de l’Amazing Bicoque, et aucune ligne de dialogue digne d’intérêt depuis le premier jour de la rédaction de ce journal.

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