Corona-JalÉditos & Jal's Life

Confinement, un Journal | Jour 31 : Seul

Précédemment dans le journal du confinement de l’Amazing Bicoque :

Suite à la crise engendrée par la mise à jour du trafic de croquettes, tous les résidents de l’Amazing Bicoque ont déserté les lieux.

Mullervater et Coco devant rentrer chez eux car, pour reprendre leurs dires : “Comment ça, il n’y a pas de quoi fumer chez toi ?”, je me retrouve seul pour la première fois.

Tous les réseaux sociaux du monde ne vaudront jamais la démarche souple d’un chat sous l’ombre de l’arbre, ni le rire d’un lapin impertinent caché dans les fougères, et encore moins le bruissement du cochon d’Inde, le nez farfouillant ses graines préférée.

Je viens de ramasser les débris de la table de jardin qui a vécu ses dernières seconde la nuit dernière, avant que Tofu vienne la fracasser de tout son poids. J’aimais bien cette vieille table. 

Quand j’ai visité le lieu pour la première fois, la dame me dit qu’il ne fallait pas s’inquiéter d’elle, que la régie s’occuperait de l’enlever. Bien que n’étant pas encore sûr que mon dossier de locataire serait accepté, je me suis récrié : surtout pas, elle est parfaite où elle se trouve. Pourtant, il est évident qu’elle partait déjà en lambeaux, le bois s’effilochant de partout, et se brisant surtout à de multiples endroits. Mais, tout comme le reste de cette petite maison, j’en étais tombé amoureux.

Tempus fugit, que je me dis alors. La table aura eu une belle vie drôlement prolongée par mes choix d’il y a quatre ans.

Plut tôt dans la matinée, je me suis occupé de remettre la bibliothèque en place et ramasser les livres et le verre éclaté un peu partout. Il y a des vitriers ouverts en cette période ? Ces chats sont vraiment terribles, notamment la petite Praline. Elle sera bien obligée de revenir, et à ce moment… Mais bon, rien ne sert de chercher à deviner ce qui va se passer. 

Le coup dur, ça a été de constater la disparition de Lemmy. Ca fait mal au coeur de savoir qu’il a préféré s’enfuir avec des chats, ses ennemis, que de rester ici. Pourtant, ses conditions de vie s’étaient grandement améliorées depuis qu’il avait investi l’enclos du jardin. J’avais le sentiment que cette nouvelle vie, en mode bourgeois, le remettrait dans le clous dans les rangs, et pendant un temps, j’y ai cru. Mais non, il a fui lui-aussi. 

Tout est si calme, personne ne vient me réclamer à manger ou ne se dispute soudainement à l’heure du goûter. Ce doit être la sensation qu’on éprouve lorsque l’on a des enfants humains et que le petit dernier prend le chemin de l’indépendance. Il suffirait que cela se couple avec la retraite pour se retrouver face à des questions oubliées depuis longtemps : mais quelles étaient mes occupations avant ?

Pourquoi ne pas ressortir le ukulélé, tiens ? Aussi, j’ai toujours rêvé de mettre en mots cette fan-fiction où Doctor Who vit des aventures au Pérou…

Sinon, pourquoi ne pas reproduire la boucle en prenant de nouveaux enfants ? Combler le vide, toujours…

Je pourrais aussi voyager, voir le monde, escalader les plus hautes montagnes d’Ardèche, parcourir les plaines de la Limagne… 

Se lancer corps et âme dans une carrière, ouvrir le Jal’s Bar ou une crêperie auvergnate. Mettre en place ce concept fou avec des soirées thématiques, des quizz, de la bière locale, la folie quoi… 

Se poser, méditer, avoir le temps de prendre le temps, revenir aux choses basiques, lire, cuisiner local, écouter, parler avec les gens, écrire des haïkus…

Suivre les conseils de Mullervater et Coco, écouter du Dubstep toute la journée en bougeant la tête, ne pas s’inquiéter de son hygiène et prendre de la drogue. 

Tous ces choix de vie dont la totalité ne pèse rien comparée à la joie d’avoir ses enfants chaque jour à ses côtés. Avant de me projeter dans ces folies, je vais faire ce qu’il y a à faire et commencer à placarder des affiches dans le quartier, prévenir les forces de l’ordre, rameuter les réseaux sociaux, contacter la presse, les élus locaux… 

Je passe l’après-midi à ces tâches lorsque l’on toque à la porte en bas. C’est peut-être un élu local, je descends au plus vite.

Tofu, Lemmy, Praline, Freya et Henriette m’attendent derrière.

Oh, boy

A suivre !
Jour 32 : La Table Ronde

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